L’examen professionnel de greffier principal a profondément évolué depuis la session 2025.
Cette réforme modifie non seulement la forme des épreuves, mais surtout la logique d’évaluation du jury.
Pour les candidats à la session 2026, il est indispensable de bien comprendre ce qui a changé, ce qui est désormais attendu, et surtout comment se positionner dans ces nouvelles épreuves.
Une épreuve d’admissibilité profondément transformée
Ce qui a changé depuis 2025
L’épreuve écrite d’admissibilité (coefficient 2) dure désormais trois heures.
Le programme est fixé par l’arrêté du 4 décembre 2024 (annexe 1).
Avant la réforme :
- 1 mise en situation de procédure,
- 1 mise en situation en gestion des ressources humaines,
- pour une durée totale de 1h30.
Depuis la réforme :
- 2 mises en situation professionnelle uniquement,
- portant exclusivement sur la procédure,
- pour une durée totale de 3 heures.
Le candidat doit choisir :
- soit la procédure civile et prud’homale,
- soit la procédure pénale.
Le choix se fait après communication des sujets.
👉 L’épreuve n’est donc plus du tout la même, ni dans sa forme, ni dans ses attendus.
Des attentes du jury en pleine construction
Les rapports de jury post-réforme seront déterminants pour affiner les attendus.
Néanmoins, on peut d’ores et déjà dégager des tendances solides.
Le jury attendra très probablement :
- des réponses plus détaillées et plus argumentées,
- une capacité à raisonner de manière opérationnelle,
- une structuration claire et lisible des développements.
📌 Il ne s’agit plus de restituer des connaissances, mais de montrer comment vous les mobilisez dans une situation professionnelle concrète.
Comprendre les attentes de l’épreuve écrite
Compétences évaluées
Les mises en situation visent à évaluer :
- la maîtrise des procédures (civiles, prud’homales ou pénales),
- la capacité d’analyse et de synthèse,
- la gestion des priorités dans un service de greffe,
- la clarté et la structuration de la réponse.
Les formats peuvent varier :
- texte structuré,
- tableau,
- fiche synthétique,
- schéma explicatif.
Contraintes de l’épreuve
- 2 mises en situation en 3 heures, soit environ 1h30 par situation,
- nécessité d’aller à l’essentiel,
- articulation constante entre droit, organisation et pratique professionnelle.
🟡 Ce n’est pas le nombre de pages qui compte, mais la justesse, la clarté et la cohérence de la réponse.
FOCUS : ce que le jury va réellement observer
- Une maîtrise solide et appliquée de la procédure
Le jury n’attend pas un simple rappel théorique.
Il attend que vous sachiez :
- identifier les textes applicables et les délais,
- repérer les irrégularités ou les risques contentieux,
- proposer un enchaînement cohérent des actes,
- prioriser les actions en cas d’urgence ou de surcharge.
👉 La procédure doit être utilisée, pas récitée.
- Une posture de greffier principal expérimenté
Depuis la création du corps des cadres greffiers, le greffier principal n’est plus attendu comme un encadrant de premier niveau, mais comme un référent technique et procédural.
Le jury cherche à voir si vous êtes capable de :
- soutenir vos collègues sur une difficulté juridique ou procédurale,
- alerter avec discernement en cas de risque (nullité, atteinte à un droit fondamental),
- transmettre, expliquer, réguler, sans vous substituer à l’encadrement.
🟡 La question implicite du jury est souvent la suivante :
« Est-ce que ce candidat peut être un repère fiable dans un service de greffe ? »
- Une capacité à travailler avec les autres acteurs
Les mises en situation ne sont jamais isolées.
Le jury appréciera que vous sachiez :
- prendre en compte le travail collectif (magistrats, collègues, autres services),
- intégrer vos solutions dans une organisation existante,
- faire preuve de pédagogie, de diplomatie et de recul.
🟡 Par exemple :
Comment expliquer une contrainte procédurale à un justiciable ?
- Une analyse opérationnelle, pas académique
L’examen professionnel de greffier principal repose exclusivement sur des mises en situation.
Ce sont souvent des questions de cours déguisées, mais avec une exigence supplémentaire :
👉 savoir transposer la théorie dans la pratique.
Le candidat doit :
- identifier ce qui est réellement en jeu (urgence, risques, impacts),
- proposer une réponse réaliste et applicable,
- articuler court, moyen et long terme si nécessaire.
🟡 On attend une réflexion professionnelle, une opérabilité, pas une dissertation universitaire, même si le retour au droit reste indispensable pour asseoir la réponse.
L’épreuve d’admission : une continuité logique
Objectif de l’entretien
L’épreuve d’admission (coefficient 3) dure 25 minutes, dont :
- 5 minutes maximum d’exposé,
- suivies d’un entretien avec le jury.
Elle vise à apprécier :
- votre expérience professionnelle,
- votre aptitude à exercer de nouvelles responsabilités,
- vos motivations,
- vos qualités personnelles.
Les échanges peuvent s’appuyer sur :
- votre dossier RAEP,
- votre environnement professionnel,
- des mises en situation pratiques.
👉 Là encore, l’objectif est d’évaluer votre capacité à être immédiatement opérationnel. Une vidéo sur le dossier RAEP est à votre disposition sur la chaine.
En résumé : ce que le jury cherche à savoir
À l’écrit comme à l’oral, le jury se pose toujours les mêmes questions :
✔️ Est-ce que ce candidat maîtrise réellement son domaine ?
✔️ Est-ce qu’il fait preuve de discernement et de rigueur ?
✔️ Est-ce qu’il sait travailler avec les autres ?
✔️ Est-ce qu’il apporte une valeur ajoutée concrète dans un service ?
La réforme de l’examen professionnel de greffier principal recentre clairement l’évaluation sur la pratique, la technicité et la posture professionnelle.
Pour la session 2026, la clé de la réussite réside donc moins dans l’accumulation de connaissances que dans la capacité à les mobiliser intelligemment, dans une logique de terrain.






