Chaque année, la même question revient chez les candidats au concours de Directeur des services de greffe judiciaires :
« Faut-il attendre les résultats de l’écrit pour commencer à préparer l’oral ? »
La réponse est claire : non.
L’oral DSGJ : une épreuve qui ne s’improvise pas
L’oral du concours externe de DSGJ est une épreuve exigeante, structurante, et profondément révélatrice du niveau de préparation du candidat.
D’après le rapport du jury, l’épreuve de trente minutes se décompose en deux temps :
- un exposé de cinq minutes maximum permettant au candidat de mettre en valeur son parcours, son expérience et ses motivations ;
- un entretien de vingt-cinq minutes composé de questions et de mises en situation professionnelle, destiné à apprécier la capacité d’analyse, les aptitudes managériales et la compréhension des fonctions de directeur.
Le jury est explicite : il ne cherche pas à piéger le candidat. Il observe sa capacité à analyser une situation, à proposer des solutions pertinentes et à se positionner comme futur directeur.
Or, c’est précisément là que beaucoup de candidats échouent, non pas par manque de connaissances, mais par manque de préparation spécifique à l’oral.
Comprendre la posture attendue du DSGJ
Le DSGJ n’est ni un super-greffier, ni un technicien isolé, ni un simple relais administratif.
C’est un cadre dirigeant, au cœur de la gouvernance judiciaire.
Le jury attend donc une posture claire :
- une compréhension fine de la dyarchie juridictionnelle (chefs de juridiction / direction de greffe),
- une vision managériale assumée,
- une capacité à articuler droit, organisation, ressources humaines et pilotage.
Beaucoup de candidats connaissent le droit.
Beaucoup moins savent incarner la fonction de directeur.
Cela suppose de maîtriser :
- les missions du directeur de greffe,
- son positionnement institutionnel,
- les principes de gouvernance d’une juridiction,
- la gestion des équipes, des tensions, des priorités,
- la capacité à décider, expliquer et assumer.
Ce travail de posture ne se construit pas en quelques jours entre l’écrit et l’oral.
Un corps en évolution, mais un statut à lire avec lucidité
Il existe aujourd’hui de nombreuses discussions autour du corps des DSGJ et de sa reconnaissance, notamment sur la perspective d’un positionnement A+.
Ce n’est pas, à ce stade, ce qui a été acté statutairement.
En revanche, les évolutions récentes montrent une volonté claire de sécurisation et de lisibilité des parcours, comme l’illustre le décret du 26 décembre 2025 entré en vigueur au 1er janvier 2026.
Le décret met en évidence :
- une harmonisation des rythmes d’avancement,
- une clarification des grilles de carrière,
- une sécurisation des reclassements et des droits acquis,
- une valorisation statutaire progressive.
Ces éléments doivent être connus des candidats, non pour nourrir des revendications, mais pour comprendre le cadre réel dans lequel ils s’inscrivent et en parler avec justesse à l’oral.
Portrait-statistique des candidats DSGJ 2025 : ce que disent vraiment les chiffres
Le concours externe de DSGJ est officiellement ouvert à partir du niveau bac+3.
Dans les faits, les profils admis racontent une autre réalité.
Le rapport 2025 montre que :
- la majorité des candidats ont un niveau bac+4 à bac+5 ;
- beaucoup disposent d’une double compétence (droit + management, droit + administration, droit + RH) ;
- l’âge moyen des candidats est autour de 32 ans ;
- environ 50 % ont déjà une expérience dans la fonction publique, notamment judiciaire ;
- le taux de réussite est inférieur à 10 %.
Ces chiffres traduisent une chose essentielle :
la concurrence est élevée et les profils admis sont déjà solides.
Mais ils montrent aussi que :
- les profils managériaux sont de plus en plus valorisés,
- l’expérience terrain constitue un avantage décisif,
- les profils atypiques bien préparés peuvent tirer leur épingle du jeu.
Ce que le jury reproche le plus souvent à l’oral
Le rapport du jury est particulièrement éclairant sur les échecs à l’oral.
Les candidats en difficulté présentent souvent :
- une connaissance insuffisante de l’environnement professionnel,
- une méconnaissance des missions du directeur,
- une vision partielle ou biaisée de la gouvernance judiciaire,
- une incapacité à se projeter dans la fonction.
Le jury souligne qu’il aurait souvent suffi :
- d’avoir préparé sérieusement les QRC de l’écrit (organisation judiciaire, RH),
- d’avoir travaillé l’épreuve technique de l’oral,
- d’avoir relu les dispositions pertinentes du Code de l’organisation judiciaire.
Autrement dit :
les candidats échouent rarement par manque de capacité, mais par manque d’anticipation.
Pourquoi il faut préparer l’oral avant les résultats
Préparer l’oral DSGJ, ce n’est pas apprendre un discours.
C’est un travail de fond qui nécessite du temps pour :
- comprendre la posture attendue,
- structurer son parcours,
- apprendre à analyser des situations complexes,
- s’entraîner à décider et à justifier ses choix,
- acquérir un langage managérial crédible.
Attendre les résultats de l’écrit, c’est se priver de ce temps précieux.
S’y mettre tôt, au contraire, permet :
- de mûrir sa réflexion,
- de gagner en assurance,
- de transformer ses connaissances en posture professionnelle.
Conclusion : l’oral DSGJ est une épreuve de maturité
Le concours externe de DSGJ est un concours de cadres dirigeants.
Le jury attend des juristes solides, certes, mais surtout des futurs directeurs capables de piloter des services judiciaires complexes.
Les statistiques 2025, les observations du jury et l’évolution statutaire convergent toutes vers la même idée :
réussir l’oral DSGJ suppose de ne pas le traiter comme une simple épreuve complémentaire, mais comme une épreuve centrale.
Ne pas attendre les résultats de l’écrit pour s’y mettre, ce n’est pas se disperser.
C’est se donner les moyens d’être prêt.






