« À la maison, je répondais très bien aux questions… mais devant le jury, je n’ai plus rien su dire. »
C’est une phrase que j’entends presque après chaque session d’oraux.
Pourtant, dans la majorité des cas, le problème n’est pas un manque de connaissances.
Le problème est ailleurs.
Les candidats arrivent souvent à l’oral sans véritable préparation à l’oral.
Ils ont travaillé leurs cours pendant des mois, parfois des années, mais ils n’ont jamais appris à répondre devant un jury.
Or, un oral est une épreuve à part entière.
Et comme toute épreuve, cela se prépare.
L’oral ne s’improvise pas
Beaucoup de candidats pensent qu’une fois les écrits passés, il suffit de revoir ses connaissances et d’attendre les questions.
C’est une erreur.
Le jury n’évalue pas uniquement ce que vous savez.
Il observe aussi :
- votre manière de réfléchir ;
- votre capacité à structurer vos réponses ;
- votre posture professionnelle ;
- votre aptitude à gérer une situation de stress.
Autrement dit, il évalue le professionnel que vous pourriez devenir.
Vous devez apprendre à répondre
Face à une question, certains candidats commencent à parler immédiatement.
Ils cherchent leurs idées en même temps qu’ils répondent.
Ils reviennent en arrière.
Ils se contredisent.
Le résultat est souvent une réponse confuse, alors même qu’ils connaissent le sujet.
À l’inverse, les candidats les plus à l’aise prennent quelques secondes pour organiser leur pensée.
Ils identifient le problème posé.
Ils construisent leur réponse.
Puis ils répondent avec méthode.
Cette compétence s’apprend.
Structurer sa réponse change tout
Une réponse bien structurée inspire immédiatement confiance.
Même lorsque le sujet est complexe.
Le jury suit votre raisonnement.
Il comprend où vous allez.
Vous donnez une image de professionnalisme.
À l’inverse, une réponse désorganisée donne rapidement l’impression que vous maîtrisez mal le sujet, même lorsque ce n’est pas le cas.
Apprendre à construire une réponse claire est donc un véritable atout.
Il faut apprendre à répondre aux questions… que l’on ne connaît pas
C’est probablement l’une des plus grandes peurs des candidats.
« Et si le jury me pose une question dont je ne connais pas la réponse ? »
En réalité, cela arrive très souvent.
Et le jury le sait.
Ce qu’il observe alors n’est pas uniquement votre connaissance.
Il regarde votre capacité à raisonner.
Êtes-vous capable d’analyser la situation ?
De mobiliser votre expérience ?
D’expliquer votre réflexion ?
Ou allez-vous simplement répondre :
« Je ne sais pas. »
Savoir gérer l’incertitude fait partie des compétences attendues.
La posture compte autant que les connaissances
Selon le concours présenté, le jury n’attend pas la même posture.
Un futur greffier n’aura pas le même positionnement qu’un futur greffier principal.
Un cadre greffier devra déjà montrer des capacités potentiellement d’encadrement de premier niveau et de coordination.
Un directeur des services de greffe judiciaire devra adopter une vision plus stratégique.
Beaucoup de candidats répondent correctement…
Mais avec la mauvaise posture.
Ils restent dans leur fonction actuelle au lieu de se projeter dans celle qu’ils souhaitent exercer.
Or, le jury recrute pour un futur métier.
Votre discours doit donc être aligné avec les responsabilités du grade visé.
Le stress ne disparaît pas… il se prépare
On me demande souvent :
« Comment ne plus stresser ? »
La réalité est simple.
Le stress est normal.
Il accompagne toutes les situations importantes.
L’objectif n’est donc pas de le supprimer.
L’objectif est de faire en sorte qu’il ne vous empêche plus de réfléchir.
Et cela passe essentiellement par la préparation.
Plus vous vous entraînez dans des conditions proches de celles de l’examen, plus votre cerveau apprend à gérer cette situation.
Les oraux blancs, les mises en situation et les entraînements réguliers permettent de transformer progressivement l’inconnu en situation familière.
Et c’est souvent là que le stress diminue.
Un oral se travaille comme un écrit
Nous acceptons facilement l’idée qu’il faut s’entraîner pour réussir une épreuve écrite.
Pourquoi serait-ce différent pour un oral ?
L’oral demande lui aussi une méthode.
Il faut apprendre :
- à présenter son parcours avec clarté ;
- à répondre aux questions de manière structurée ;
- à argumenter ;
- à gérer les silences ;
- à adapter sa posture au concours préparé ;
- à prendre confiance en soi grâce à l’entraînement.
Ces compétences ne sont pas innées.
Elles se développent.
La différence se joue souvent ici
Les connaissances permettent d’accéder à l’oral.
Mais ce sont souvent les compétences orales qui permettent d’être admis.
Le candidat qui réussit n’est pas toujours celui qui en sait le plus.
C’est souvent celui qui sait expliquer, argumenter, raisonner et se projeter dans les fonctions qu’il souhaite exercer.
L’oral n’est donc pas une simple discussion avec un jury.
C’est une démonstration.
La démonstration que vous êtes prêt à exercer les responsabilités du concours que vous présentez.
Et cette démonstration se prépare.
Comme toutes les autres épreuves.





